Revue de presse Private Equity — Semaine 38 (14 – 20 septembre 2026)

1. CalPERS : 19,4 % du fonds en Private Equity — la surallocation assumée du plus grand LP américain

Le comité d’investissement de CalPERS a examiné le 14 septembre la revue annuelle de son portefeuille Private Equity au 30 juin 2026, préparée par Meketa Investment Group, le cabinet américain de conseil en investissement institutionnel (fondé en 1978, Massachusetts) qui assiste le conseil de CalPERS sur le Private Equity depuis 2017. La photographie : 123,6 Md$ d’actifs nets en PE (+17,4 Md$ sur un an), soit 19,4 % du fonds total — pour une cible de long terme de 17 %. La performance nette raconte une histoire en deux temps : 17,0 % sur un an contre 22,4 % pour le benchmark — un indice actions mondial, le FTSE Global All Cap hors tabac, majoré de 150 points de base et décalé d’un trimestre — soit −5,4 points, la faute au rallye des actions cotées que les valorisations privées suivent avec retard, 14,0 % contre 18,5 % sur trois ans, mais 11,9 % contre 11,1 % sur cinq ans et 13,1 % sur dix ans — au-dessus de la médiane des fonds de pension publics américains sur toutes les périodes. Le détail des poches est instructif : le buyout ne pèse que 53,9 % du portefeuille pour une cible de 65 %, quand le growth (33,1 % contre 25 %) et le venture (8,5 % contre 6 %) sont en surpoids ; et l’écart se creuse aussi selon le mode d’investissement : sur un an, les mandats dédiés — des comptes confiés à un gérant unique pour le compte exclusif de CalPERS, à conditions négociées — ont rapporté 23,3 %, quand les co-investissements réalisés en direct aux côtés des fonds n’ont rapporté que 11,4 %. CalPERS n’en tire d’ailleurs aucune conséquence restrictive : le rapport mesure que les co-investissements (8,4 % de la NAV, 10,3 Md$) battent l’ensemble du portefeuille sur la durée — 14,6 % sur trois ans, 12,7 % sur cinq ans et 14,1 % sur dix ans, contre 14,0 %, 11,9 % et 13,1 % pour le portefeuille PE total : seul l’exercice écoulé décroche —, insiste sur le poids croissant des véhicules sans frais ni carried, et le programme continue de s’élargir — extension des sources de co-investissement comprise —, sans que la sous-performance de l’année soit expliquée.

Le geste qui compte est ailleurs : loin de freiner, CalPERS a engagé 26,1 Md$ de nouveaux capitaux en PE sur 12 mois glissants, et son Total Portfolio Approach — le nouveau cadre de gestion adopté par le conseil de CalPERS lui-même, qui pilote le fonds comme un tout plutôt que par poches d’actifs, et que la revue de Meketa ne fait qu’enregistrer — a supprimé, à son entrée en vigueur le 1er juillet, les limites d’allocation par stratégie (« strategy limits have been eliminated », écrit Meketa). Il ne reste donc plus de plafond contraignant sur les montants par stratégie : les cibles (65 % buyout, 25 % growth, 6 % venture) subsistent comme référence indicative, le contrôle bascule au niveau du risque du portefeuille total — et le rapport ne décrit aucun encadrement de remplacement, Meketa annonçant seulement qu’il rendra compte du PE « dans le cadre de son rôle au sein du TPA » à partir des prochains trimestres. En résumé : CalPERS détient plus de Private Equity que sa propre cible ne le prévoit, sa performance de l’année est en retard sur son indice de référence — et il augmente pourtant ses engagements. Venant du plus grand fonds de pension américain, ce choix fera référence, que les autres LPs y voient un exemple à suivre ou un excès à éviter.

Sources : CalPERS (Private Equity Trust Level Review, Meketa), CalPERS (comité du 14 septembre).

📖 Pour aller plus loin : « 11. Les fonds de pension et les Universités, piliers du financement du Private Equity »

2. Rapport PitchBook : 468,8 Md$ levés par le Private Equity sur douze mois — la concentration devient un régime permanent, et les nouveaux gérants ne trouvent plus de capital

Le Q2 2026 Global Private Market Fundraising Report de PitchBook (données au 30 juin 2026) livre la photographie des levées de fonds Private Equity. Le deuxième trimestre marque un rebond : 165,3 Md$ de closings, qui portent le total sur 12 mois glissants à 468,8 Md$ (contre 417 Md$ au trimestre précédent) — mais la tendance reste baissière : ce total sur 12 mois glissants recule de 12,1 % par rapport aux douze mois précédents, avec un nombre de fonds en chute de 35,5 % (862). La concentration devient un régime permanent : depuis 2024, 77 % du capital PE levé va à des fonds de plus de 1 Md$, contre 63,6 % sur la période 2014-2016 — les LPs concentrent leurs relations, et le mid-market peine à s’inviter dans les nouvelles allocations, alors même que le Q2 2026 US PE Middle Market Report de PitchBook (14 septembre) lui reconnaît « un avantage de performance persistant sur les megafunds » (« a persistent performance edge over megafunds »). L’appétit existe pourtant quand le format s’y prête : Siguler Guff a bouclé le 18 septembre un programme record de 3 Md$ dédié aux fonds de small buyout — un segment où les sociétés portent 2 à 3 fois l’EBITDA de dette contre 5 à 6 fois en large buyout, et où les multiples d’entrée (8,5x pour les cibles de 25 à 100 M$ au premier trimestre) restent loin des 13,2x du haut du mid-market. L’Asie signe le seul retournement : 48,3 Md$ levés au premier semestre, plus que sur toute l’année 2025, portés par trois méga-closings de véhicules panasiatiques (Baring Asia IX, désormais sous pavillon EQT, à 15,6 Md$, Blackstone Capital Partners Asia III à 13,1 Md$, Bain Capital Asia VI à 10,5 Md$). La géographie de ce rebond mérite d’être précisée : PitchBook le décrit comme la sortie d’une décennie de recul consécutive au retrait de nombreux gérants du marché chinois — ce sont les stratégies Asie hors Chine, tournées vers le Japon, l’Inde, l’Australie et l’Asie du Sud-Est, qui lèvent, pas le retour de Pékin.

Le croisement avec les autres fournisseurs de données valide la tendance — pas le chiffre au dollar près. Preqin compte 191 Md$ de closings PE au deuxième trimestre (Quarterly Update du 31 juillet), soit un écart d’environ 15 % avec PitchBook — classique entre méthodologies (dates de closing, traitement des secondaires, univers couvert). Sur la trajectoire, les sources convergent : S&P Global Market Intelligence mesurait −11 % en 2025 (490,8 Md$), McKinsey −17 % (616 Md$, périmètre plus large), et la concentration se retrouve partout — 35 % du capital vers les fonds de plus de 5 Md$ chez McKinsey, top 20 des fonds à environ 55 % de la collecte du semestre chez With Intelligence. La discordance apparente vient de PEI, qui titrait en juillet sur un « meilleur deuxième trimestre de l’histoire » (environ 327 Md$) : son périmètre agrège VC et secondaires, et surtout le fonds MGX d’Abou Dhabi (49 Md$), l’exception souveraine qui fausse la série. Rappel utile : dans les levées de fonds, le périmètre fait le chiffre.

Deux chiffres du rapport dessinent le vrai sujet. D’abord, la porte se ferme aux nouveaux venus : 36 first-time funds seulement ont bouclé au premier semestre, pour 7,7 Md$ — contre 312 fonds et 39,8 Md$ en 2021. La relève vient des particuliers : l’encours des fonds evergreen PE américains a presque doublé en cinq trimestres, de 51,3 Md$ au T4 2024 à 99,3 Md$ au T1 2026 — un capital qui va, lui aussi, aux plus grands GPs. La tuyauterie suit : Great Gray Trust (371,8 Md$ d’encours fiduciaires) a choisi le 14 septembre la plateforme iCapital pour construire des trusts collectifs intégrant le PE dans les plans 401(k) — l’épargne retraite par capitalisation des salariés américains, à cotisations définies, alimentée sur le salaire via l’employeur et investie sur des supports que choisit le salarié — soit un marché de 13 800 Md$. Ensuite, le levier du PE nourrit sa voisine : la seule stratégie du rapport dont la collecte progresse encore est la dette privée, et une étude publiée le 17 septembre par Harvard Business School (Working Knowledge) explique pourquoi, par la voix de Victoria Ivashina : si la dette privée pèse 2 000 Md$, « la raison de sa croissance est l’allocation croissante au private equity » — c’est la dette des LBO, en particulier mid-market, qui a fabriqué la classe d’actifs. La part se mesure : selon les données PitchBook LCD, environ 60 % des prêts de direct lending américains (57,9 % au T1 2026) financent encore des entreprises détenues par des sponsors PE — la proportion dépassait 80 % au sortir de la pandémie, et son recul tient moins à la diversification des prêteurs qu’au manque d’opérations côté sponsors. Le PE ne distribue plus, mais il fait encore lever les autres.

Le contrepoint sectoriel est cruel : le rapport Climate Tech Funds 2026 de PitchBook (11 septembre) mesure l’effondrement d’une verticale entière — 3,9 Md$ levés en 2025 (−39,7 %), et 546 M$ sur 6 fonds seulement au 18 août 2026, contre 10,5 Md$ et 85 fonds au pic de 2021. Deux fonds européens (le danois Kompas II et le britannique 2150 Urban Tech Sustainability Fund II) concentrent 79 % de la collecte de l’année. Quand la marée se retire, les thèses sans DPI restent à sec.

Sources : PitchBook (Q2 2026 Global Private Market Fundraising Report), HBS Working Knowledge (Victoria Ivashina), PitchBook (Climate Tech Funds 2026), iCapital (communiqué).

📖 Pour aller plus loin : « 26. Le Private Equity : une classe d’actif à maturité »

3. Le méga-LBO revient — au moment précis où la Fed remonte ses taux

Fait rare depuis 2021 : deux consortiums de méga-fonds s’affrontent ouvertement. Selon Private Equity Wire (citant Bloomberg, 18 septembre), Blackstone, KKR et Energy Capital Partners d’un côté, Brookfield et IFM de l’autre, se disputent le take-private du canadien GFL Environmental — environ 29 Md$ de valeur d’entreprise (19 Md$ d’equity, 10 Md$ de dette), potentiellement le plus gros LBO de l’année ; le fondateur Patrick Dovigi réinvestirait la totalité de sa participation. En parallèle, Apollo est entré en discussions exclusives pour DePuy Synthes, la division orthopédie de Johnson & Johnson, autour de 20 Md$ (9,3 Md$ de chiffre d’affaires 2025) — le retour des très grands carve-outs de groupes industriels. Plus bas dans le spectre, Brookfield a signé le 15 septembre le take-private de l’australien Reliance Worldwide (2,8 Md$), et Clearlake a racheté le 17 septembre les 25,6 % de Chelsea FC détenus par Todd Boehly et Mark Walter pour 950 M£ — valorisant le club 5 Md£ dette incluse, dans un football européen dont plus de 36 % des clubs des cinq grands championnats comptent déjà un actionnaire issu des marchés privés.

L’ironie du calendrier : cette poussée d’appétit intervient la semaine même où la Réserve fédérale a relevé ses taux de 25 points de base (fourchette 3,75 %–4 %), première hausse depuis 2023. PitchBook qualifie le mouvement de « directionnellement négatif » pour un PE américain dont la dette d’acquisition est majoritairement à taux variable — et dont les sorties restent engorgées : 102,6 Md$ de valeur de sorties au deuxième trimestre — en baisse de 46,3 % par rapport au premier trimestre 2026, et de 7,4 % par rapport au T2 2025 —, une durée de détention médiane des sociétés en portefeuille de 4,5 ans à fin juin 2026 — au plus haut depuis environ vingt ans selon PitchBook, contre 3,4 ans fin 2024, qui constituait déjà un plus haut de neuf ans, et des multiples d’entrée mid-market passés sous 10x EV/EBITDA pour la première fois en sept ans. Acheter gros quand le coût du levier remonte et que la porte de sortie est étroite : les millésimes 2026 devront le justifier.

Sources : Private Equity Wire (GFL), Private Equity Wire (DePuy Synthes), Brookfield (communiqué), PitchBook (Chelsea), PitchBook (Fed).

📖 Pour aller plus loin : « 17. L’asymétrie du LBO »

4. Secondaires : six acheteurs pour le fonds de continuation d’ITP Aero — et un marché qui admet ses « mauvaises pratiques »

Le marché des fonds de continuation tourne à plein régime, et l’aéronautique-défense en est le carburant premium : selon Secondaries Investor (16 septembre), six acheteurs — dont CVC, Goldman Sachs AM, LGT et Warburg Pincus — se disputent le véhicule de continuation de 2,5 Md$ que Bain Capital monte pour ITP Aero, le motoriste espagnol racheté à Rolls-Royce en 2022 pour environ 1,7 Md€. Un fonds de continuation sursouscrit vaut désormais mieux qu’une vente à un industriel. Le scandinave Klar Partners a lancé le sien sur Nimlas (services techniques nordiques) le 18 septembre.

Le regard critique vient cette fois de l’intérieur. Aux conférences de l’IPEM à Paris, rapportées par Secondaries Investor (17 septembre), des conseillers du marché ont reconnu publiquement que « de mauvaises pratiques existent » dans certains fonds de continuation. La demande, elle, ne faiblit pas : le même média constate que les investisseurs qui ont déjà souscrit à un fonds de continuation reviennent en souscrire d’autres. Résumons le paradoxe : dans un fonds de continuation, le gérant est à la fois vendeur et acheteur du même actif ; le marché continue pourtant de croître, tout en admettant lui-même que l’encadrement de ces conflits d’intérêts reste inachevé.

Sources : Secondaries Investor (ITP Aero), Secondaries Investor (IPEM), Secondaries Investor (Klar/Nimlas).

📖 Pour aller plus loin : « 29. Qu’est-ce qu’un fonds de continuation, et pourquoi rencontre-t-il un tel succès ? »

5. Corporate venture : quand les industriels tiennent le guichet du capital-risque

Bpifrance a bouclé le 17 septembre InnoBio 3 à 207 M€, avec Sanofi, Servier, Ipsen, Bristol Myers Squibb et l’Institut Pasteur parmi les souscripteurs — 12 à 14 biotechs visées, tickets initiaux de 6 à 8 M€, cinq investissements déjà réalisés. Là où les institutionnels classiques désertent l’early-stage santé, le corporate venture pharmaceutique reste le pilier du financement biotech français — la franchise InnoBio revendique 37 biotechs accompagnées depuis 2009 et 17 opérations de liquidité, dont Amolyt (cédée à AstraZeneca pour 1,05 Md$).

Le mouvement dépasse la France et le format du fonds : les industriels investissent aussi en direct dans les tours de croissance. Le 17 septembre, l’américain Crusoe (infrastructures d’IA « des électrons aux tokens ») a bouclé une série F de 3,9 Md$ sur une valorisation de 30,9 Md$, avec TPG en investisseur significatif — et NVIDIA au tour de table, aux côtés des fonds souverains Mubadala, GIC et QIA. Après Samsung en chef de file du tour Mistral la semaine passée, la constante se confirme : dans les segments que les LPs institutionnels classiques ne suffisent plus à financer — l’early-stage santé comme les infrastructures d’IA —, ce sont les industriels qui tiennent le guichet, en LPs des fonds ou en direct dans les tours. Le capital-risque y gagne des poches profondes, et des actionnaires dont l’agenda n’est pas que financier.

Sources : Bpifrance (communiqué), TPG (communiqué Crusoe).

📖 Pour aller plus loin : « 30. VC contre Buyout : le match américain en cinq rounds »

6. Successions, l’envers du décor : chez TPG, le bonus de rétention du patron a fait fuir le dauphin

L’édition précédente racontait la succession réglée de CVC et le recrutement de Todd Sisitsky, président de TPG. La semaine apporte l’autre moitié de l’histoire : Bloomberg a révélé le 18 septembre pourquoi le dauphin est parti. Jon Winkelried, 66 ans, directeur général de TPG, n’a aucune intention de passer la main : son contrat court jusqu’à fin 2027 puis se renouvelle annuellement, et ses attributions d’actions de fin 2023 — qui peuvent dépasser 450 M$ si le titre atteint 70 $ d’ici janvier 2030, complétées d’une retention grant de 25 M$ acquise en 2031 — le paient pour rester. Sisitsky, 54 ans, lassé d’attendre une passation sans horizon, a démissionné (la déclaration 8-K auprès de la SEC fixe l’effet au 6 septembre) et prendra la co-direction générale de CVC début 2028. La mécanique mérite d’être dite : les méga-packages de rétention des GPs cotés, conçus pour rassurer les actionnaires sur la stabilité du management, sont devenus le premier obstacle aux successions — et une aubaine de recrutement pour les concurrents qui ont réglé la leur.

Sources : Bloomberg, SEC (8-K TPG).

📖 Pour aller plus loin : « 22. La consolidation des acteurs en Private Equity : entre réalité darwinienne et discours de mode »

Références de la semaine

PitchBook — Q2 2026 Global Private Market Fundraising Report (données au 30 juin 2026)
Preqin — Private Equity Q2 2026 Quarterly Update (31 juillet)
McKinsey — Global Private Markets Report 2026 (chapitre Private Equity) (10 février)
PEI — H1 2026 Fundraising Report (9 juillet)
PitchBook — 2026 Climate Tech Funds Report (11 septembre)
HBS Working Knowledge — How private debt became a $2 trillion industry (Victoria Ivashina) (17 septembre)
iCapital / Great Gray Trust — Private markets dans les plans 401(k) (14 septembre)
CalPERS / Meketa — Private Equity Trust Level Review au 30 juin 2026 (comité du 14 septembre)
Bloomberg — TPG : le bonus de rétention de Jon Winkelried (18 septembre)
SEC — 8-K TPG (démission de Todd Sisitsky) (effet au 6 septembre)
Private Equity Wire — GFL : deux consortiums rivaux (18 septembre)
Private Equity Wire — Apollo / DePuy Synthes (14 septembre)
Brookfield — Take-private de Reliance Worldwide (15 septembre)
PitchBook — Clearlake / Chelsea FC (17 septembre)
PitchBook — La hausse de la Fed et le PE américain (16 septembre)
Secondaries Investor — Six acheteurs sur le CV d’ITP Aero (16 septembre)
Secondaries Investor — « Bad practices exist in some CVs » (IPEM) (17 septembre)
Bpifrance — Closing final d’InnoBio 3 à 207 M€ (17 septembre)
TPG — Crusoe lève 3,9 Md$ en série F (NVIDIA, Mubadala, GIC, QIA au tour) (17 septembre)

Gilles Mougenot — fondateur d’Argos, Senior Advisor chez Argos Fund, ancien Président de France Invest, auteur de Tout savoir sur le Capital Investissement.

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Gilles Mougenot — founder of Argos, Senior Advisor at Argos Fund, former Chairman of France Invest, author of Tout savoir sur le Capital Investissement.

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