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Revue de presse Private Equity — Semaine 26 (22-28 juin 2026)

REVUE DE PRESSE · L’HEBDO DU CAPITAL-INVESTISSEMENT
Semaine 2622 au 28 juin 2026

1. Signal de la semaine — L’accès des plans de retraite américains au non-coté franchit une étape réglementaire

Le mouvement de « démocratisation » du non-coté aux États-Unis passe du discours au cadre juridique. Faisant suite au décret présidentiel d’août 2025, le Department of Labor a publié le 30 mars 2026 sa proposition de règle encadrant l’accès des plans à cotisations définies (401(k)) aux actifs alternatifs, dont le private equity. Le texte instaure des safe harbors procéduraux pour les fiduciaires, articulés autour de six critères : performance, frais, liquidité, valorisation, indices de référence et complexité. La période de commentaires publics s’est close le 1er juin 2026, une règle finale étant attendue d’ici fin 2026.

En parallèle, les priorités d’examen 2026 de la SEC ciblent explicitement l’exposition des investisseurs particuliers aux actifs illiquides — ETF et fonds fermés détenant du private equity ou du private credit — avec une vigilance sur les risques de liquidité, de valorisation et de frais mal compris.

Sources : Kirkland & Ellis (avril 2026), Groom Law Group (2026), Goodwin — SEC 2026 Exam Priorities (déc. 2025)


2. Marché mondial — Moins d’opérations, mais plus grosses : la concentration s’installe

Sur le premier semestre 2026, le marché confirme une bifurcation nette : le nombre de transactions recule fortement, mais la valeur agrégée progresse d’environ +10 % par rapport au S1 2025, la taille moyenne des opérations bondissant. Le capital se concentre sur des paris de forte conviction plutôt que sur un déploiement large.

Côté munitions, le dry powder mondial reste élevé, autour de 2 420 Md$, entretenant la pression au déploiement. La collecte demeure contrainte : 54,2 Md$ levés au T1 2026, après une année 2025 tombée à 735 Md$ au global, soit -20 % sous la moyenne des cinq années précédentes.

Repères chiffrés : valeur des deals +~10 % (S1 2026 vs S1 2025) ; dry powder mondial ~2 420 Md$ (mi-2026) ; collecte 54,2 Md$ (T1 2026) ; collecte annuelle mondiale 735 Md$, -20 % (2025).

Sources : KPMG, Pulse of Private Equity Q1’26 (avril 2026, © KPMG, reproduit avec autorisation), PwC — Global M&A trends mid-year outlook (2026), Bain — Global Private Equity Report 2026


3. EMEA et France — Décélération au premier trimestre, mais les méga-deals tiennent

En Europe, le T1 2026 marque un net ralentissement : la valeur des opérations recule de -22,5 % par rapport au T4 2025 et le nombre de deals de -12,4 %, tous deux sous le rythme de 2025. Le haut de marché résiste néanmoins : 15 méga-deals d’au moins 1 Md€ ont été bouclés au trimestre, pour 44,2 Md€, la part la plus élevée depuis le T2 2022. Le regain d’attentisme est attribué notamment au regain de tensions géopolitiques.

Sur l’ensemble de 2025, Invest Europe (rapport de mai 2026) chiffrait les investissements en buyout à 90 Md€, soit +16 % au-dessus de la moyenne quinquennale. Pour la France, les dernières données consolidées de France Invest portent sur 2024 : 26 Md€ investis hors infrastructure (+16 % sur un an), dont 17,1 Md€ en capital-transmission (buyout), premier segment du marché ; la part des capitaux d’origine française dans les levées reculait à 57 % (contre 60 % en 2023).

Sources : PitchBook — Q1 2026 European PE Breakdown (2026), Invest Europe (mai 2026), France Invest — Statistiques (données 2024)


4. ASPAC et Chine — Point bas de collecte, mais retour des grands closings

L’Asie-Pacifique sort de son creux le plus profond en une décennie. Selon Bain (rapport APAC 2026), les capitaux levés dans la région sont tombés à 58 Md$ en 2025 (hors véhicules en yuan), plus bas niveau depuis douze ans. La taille moyenne des buyouts est retombée à 438 M$ (contre 630 M$ en 2024), plus bas depuis cinq ans, et le nombre de méga-buyouts (>1 Md$) a fléchi à 22 (contre 25).

Les signaux 2026 sont toutefois plus fermes : Blackstone a bouclé le 2 juin 2026 son plus gros fonds asiatique à 13,1 Md$, après le véhicule buyout Asie d’EQT à 15,6 Md$. La Grande Chine poursuit sa reprise, avec des sorties au plus haut depuis 2022 et un volume de deals en hausse pour la deuxième année consécutive.

Sources : Bain — Asia-Pacific Private Equity Report 2026, CNBC (2 juin 2026), Bain — Greater China (2026)


5. Levée de fonds — Le DPI s’impose comme la métrique reine

La collecte se joue désormais sur les distributions réalisées. 21 % des LPs citent aujourd’hui le DPI (distributions sur capital appelé) comme critère le plus important, contre 8 % il y a trois ans, soit +13 points. Les distributions rapportées à l’actif net sont restées sous 15 % quatre années de suite, un plancher historique.

Conséquence : au S1 2026, les montants levés progressent de +9 % sur un an, mais cette hausse profite à un nombre réduit de gérants établis affichant un DPI solide, tandis que les autres subissent des closings allongés, des cibles revues à la baisse et des comités d’investissement plus sceptiques. Le marché se scinde en deux.

Sources : Uplevered — PE DPI (2026), Allianz Research (fév. 2026), Moonfare (2026)


6. Secondaires — Année record et montée en puissance des véhicules de continuation

Le marché secondaire confirme son changement d’échelle. Le volume de transactions a atteint un record de 226 Md$ en 2025, en hausse de +41 % sur un an. Les opérations initiées par les GP en représentent près de la moitié, soit environ 106 Md$, dont une part croissante en véhicules de continuation mono-actif : 52 Md$ en 2025, contre 32 Md$ en 2024.

La collecte suit : HarbourVest a annoncé un final close de 1,1 Md$ pour son fonds dédié aux solutions de continuation (PECS), tandis que Blackstone Strategic Partners, Ardian, Lexington et Coller Capital lèvent des véhicules de 10 à 25 Md$. Le secondaire s’affirme comme la principale soupape de liquidité du marché.

Sources : HarbourVest (2026), CAIA (fév. 2026), Mergermarket / ION Analytics (2026)


7. Intelligence artificielle — L’impact se mesure, l’écart entre gérants se creuse

L’IA passe du récit à la mesure. Selon l’indice de création de valeur 2026 de FTI Consulting (plus de 550 dirigeants interrogés), entre 63 % et 66 % des firmes constatent un impact mesurable dans les douze mois. Les déploiements réussis généreraient 200 à 400 points de base d’expansion d’EBITDA en un an et un multiple lift de 0,5x à 1,5x à la sortie.

L’engagement budgétaire s’accélère : deux tiers des firmes prévoient de consacrer plus d’un quart de leur budget à l’IA en 2026. Mais la dispersion est forte : si 95 % des initiatives atteignent ou dépassent leur cas d’usage initial, seules 17 % le dépassent significativement, confirmant un écart d’exécution entre les meilleurs et le reste.

Sources : FTI Consulting — 2026 PE AI Radar, BCG — Inside the AI-First PE Firm (2026)


8. Blogs et newsletters — Howard Marks relie le sort du private credit à celui du private equity

Dans son mémo d’avril 2026, Howard Marks (Oaktree) décrit l’entrelacement des destins du direct lending et du private equity : la performance des sociétés en portefeuille des fonds LBO conditionne largement la qualité des prêts directs qui les financent. Il met en garde contre le risque classique d’un afflux de capital poussant les gérants à relâcher leurs critères pour déployer — un écho au « moment 2007 » où les standards s’abaissent pour investir à tout prix.

Sources : Howard Marks — Oaktree Memo (avril 2026)


9. Regard critique — Phalippou persiste : le si-IRR flatte des rendements sans alpha

Ludovic Phalippou (Oxford Saïd) maintient sa critique de fond : sur vingt ans, le fonds de private equity moyen a délivré environ 12 % par an, soit un niveau comparable au marché actions américain, et l’essentiel de la surperformance affichée s’évanouit une fois appliqués des indices et définitions cohérents. Il dénonce l’usage du since-inception IRR, qu’il juge trompeur et de nature à gonfler la performance perçue et à sur-allouer vers la classe d’actifs. La littérature académique appliquant un ajustement du risque conclut, selon lui, à un alpha moyen négatif.

Ce rappel intervient alors que la « démocratisation » ouvre l’accès au non-coté à des épargnants individuels — d’où la vigilance affichée par la SEC sur la lisibilité des frais et des valorisations.

Sources : Institutional Investor (2026), Net Interest — Marc Rubinstein (2026), CEPR (2026)

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