En bref. Le private equity — ou capital-investissement en français — est un mode de financement des entreprises non cotées en Bourse. Un investisseur, le capital-investisseur, prend une participation au capital d’une société, aux côtés de ses dirigeants, pour financer sa création, sa croissance, sa transmission ou son redressement. Il le fait pour une durée limitée (souvent 4 à 7 ans), dans l’objectif de réaliser une plus-value à la revente.

Le capital-investissement accompagne l’entreprise tout au long de son existence, à travers quatre grands métiers :

  • financer les jeunes sociétés → le capital-risque ;
  • soutenir les entreprises en croissance → le capital-développement ;
  • résoudre un changement d’actionnariat (transmission d’entreprises patrimoniales) → le LBO / capital-transmission ;
  • racheter des entreprises en difficulté → le capital-retournement.

Private equity ou capital-investissement : y a-t-il une différence ?

Aucune : private equity est simplement le terme anglais de capital-investissement. En revanche, attention à un faux-ami fréquent. On emploie souvent indifféremment « capital-risque » (venture capital) et « capital-investissement ». Or le capital-risque n’est que l’un des métiers du capital-investissement : celui qui finance la création d’entreprise. Dans cette page, « capital-investissement » désigne l’ensemble de l’activité, et « capital-risque » ce métier précis.

Comment fonctionne le private equity ?

Le mécanisme repose sur cinq caractéristiques.

1. Un investissement en fonds propres dans des entreprises non cotées. Le capital-investisseur prend une participation au capital de sociétés qui n’ont pas accès directement aux marchés financiers. Il finance leur démarrage, leur croissance, leur transmission ou leur survie — en apportant des capitaux que les banques ne sont pas prêtes à engager, car le risque serait trop élevé pour elles.

2. Aux côtés de l’équipe dirigeante. L’entrée de l’investisseur suppose que les managers investissent eux aussi, de façon significative : c’est la condition d’un véritable alignement d’intérêts. Au-delà de l’argent, l’investisseur apporte un vrai partenariat :

  • parce qu’il n’a pas « le nez dans le guidon », il challenge la stratégie et aide le management à se concentrer sur l’essentiel ;
  • il apporte une culture du reporting et une exigence de gestion qui optimisent souvent l’entreprise ;
  • il fait bénéficier les dirigeants d’une expertise financière diversifiée (ingénierie financière, financement, gestion du besoin en fonds de roulement…).

3. Pour le compte d’investisseurs institutionnels. Sauf le cas des Business Angels, le capital-investisseur est un intermédiaire : il investit l’argent que lui confient des institutions (fonds de pension, assureurs, banques, groupes industriels, organismes publics, universités, particuliers fortunés…) qui cherchent à diversifier leur risque et à améliorer le rendement de leur portefeuille.

4. En visant une forte rentabilité, en contrepartie du risque. La règle d’or est simple : plus un investissement est risqué, plus la rentabilité espérée doit être élevée. En ordre de grandeur : 10-15 % par an pour le capital-développement, 15-25 % pour un rachat avec effet de levier (LBO), plus de 30 % pour le capital-risque ou le retournement — à comparer aux emprunts d’État long terme, passés en dix ans de 5 % à 0 %, puis récemment autour de 3 % en zone euro.

5. Pour une durée limitée. C’est au moment du désinvestissement que l’investisseur réalise sa plus-value : en cédant sa participation (à un industriel ou à un autre financier), ou en introduisant la société en Bourse. Les dividendes ou intérêts versés en cours de route ne sont généralement pas l’essentiel du rendement attendu.

Les 4 métiers du capital-investissement

MétierRôleAutres noms
Capital-risqueFinancer la création et les tout premiers pas d’une entreprise, avant ou au début de la commercialisation du produit.Seed, early stage, venture capital, capital-création
Capital-développementAccompagner une entreprise déjà rentable pour accroître ses capacités, sa force de vente, financer des acquisitions ou son fonds de roulement.Build-up, pre-IPO, capital-consolidation
Capital-transmission (LBO)Financer le rachat d’une société établie par ses dirigeants ou une nouvelle équipe, souvent via une holding et un effet de levier bancaire.LBO, MBO, LMBO, MBI, BIMBO
Capital-retournementFinancer et redresser une entreprise en difficulté.Turnaround, rachat d’entreprise en difficulté

(À cela s’ajoute le financement participatif / crowdfunding, qui permet de réunir de petits montants auprès d’un grand nombre de contributeurs.)

Les phases du capital-investissementStade dedéveloppementde l’entrepriseInvestisseuren capitalSinistralité *TRI ** attenduStart-upDéveloppementCroissanceCession /TransmissionEntrepriseen difficultéCapital-risqueCapital-développementLBOCapital-retournement30-40 %10 %15-20 %30-40 %> 30 %10-15 %15-25 %> 30 %* Sinistralité : part des sociétés connaissant une défaillance.** TRI : taux de rentabilité interne annuel attendu par l’investisseur.Source : G. Mougenot, « Tout savoir sur le Capital Investissement »
Chaque métier correspond à un moment de la vie de l’entreprise — avec son niveau de risque (sinistralité) et sa rentabilité attendue (TRI).

À quel moment de la vie d’une entreprise intervient-il ?

Les capital-investisseurs professionnels n’interviennent pas à tous les stades. Le tout début d’un projet est souvent financé par le love money — l’argent des proches — ou par le financement participatif. Vient ensuite le Business Angel, entrepreneur ou ancien entrepreneur dont l’expérience compte autant que l’argent. Puis les sociétés de capital-investissement prennent le relais pour donner une véritable assise au projet. Et si vous rachetez l’entreprise dont vous êtes salarié, on parlera alors de MBO ou de LBO. D’un ticket de 30 000 € dans une start-up à un LBO de plusieurs dizaines de millions d’euros, l’éventail des financements est large.

Questions fréquentes

Private equity, qu’est-ce que ça veut dire exactement ?
C’est l’investissement en fonds propres dans des entreprises non cotées en Bourse, par opposition au public equity (les actions cotées). En français : le capital-investissement.

Quelle différence avec la Bourse ?
En Bourse, vous achetez des actions d’entreprises cotées, liquides et revendables à tout moment. En private equity, vous investissez dans des sociétés non cotées, pour plusieurs années, sans liquidité immédiate — en échange d’une rentabilité potentielle plus élevée.

Qui peut investir en private equity ?
Historiquement les grands institutionnels. Mais l’accès s’ouvre aux particuliers via des fonds dédiés, l’assurance-vie ou les fonds ELTIF.

Combien de temps dure un investissement ?
En général de 4 à 7 ans, le temps d’accompagner l’entreprise puis de céder la participation.

Quels sont les risques du private equity ?
Le principal est la perte en capital : selon le baromètre Bpifrance, 84 % des Français la citent comme frein majeur. S’y ajoute l’absence de liquidité, l’argent étant immobilisé plusieurs années. C’est précisément ce couple risque / rendement, et la sélection rigoureuse des dossiers, qui font le métier du capital-investisseur.

Pour aller plus loin

Cette page est un résumé. Le sujet est développé en détail — chiffres, montages, exemples — dans mon livre « Tout savoir sur le Capital Investissement » (7ᵉ édition, 2025).

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Gilles Mougenot — 40 ans de capital-investissement, ancien Président de France Invest, associé fondateur d’ARGOS WITYU.